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L’Ecole de demain.
Enjeux, priorités et défis



Du 5 au 7 novembre 2018, s’est tenue à Yaoundé au Cameroun, le XVe colloque International de l’Association Française d’Education Comparée (AFDECE) sur le thème : « Quelle Ecole pour demain ? Enjeux, priorités et défis ». L’événement a été organisé par l’Ecole Normale Supérieure (ENS) de Yaoundé, l’AFDECE et l’Université Paris Descartes. On a compté parmi les participants des chercheurs, des enseignants, des décideurs, des formateurs et étudiants venus de divers pays : Côte d’Ivoire, Burundi, Congo-Brazzaville, Gabon, Cameroun, Haïti, Guinée Conakry, Burkina Faso, France, Royaume-Uni, Canada, Cuba et Mexique.

Nombreuses ont été les contributions qui se sont attachées à rappeler les missions de l’AFDECE, les objectifs généraux ainsi que les enjeux des assises tout en relevant le caractère exceptionnel de l’organisation du colloque de Yaoundé, la renommée des experts ainsi que la participation des institutions camerounaises et internationales à ce forum. Le cadre comparatiste établi, la perspective interculturelle de ce XVe colloque offrait un terrain particulièrement propice à des échanges rigoureux et constructifs. Ainsi, de l’intervention Dominique Groux, il est ressorti que les enfants africains ne profitent pas tous de l’enseignement (80% des enfants en primaire en 2018 contre 64% en 2000 ; et quatre enfants sur dix au collège contre moins de trois en 2000). Globalement, quatre thématiques ont synthétisé l’esprit de Yaoundé : celles portant sur les réflexions autour de l’école de demain en Afrique, des politiques éducatives pour penser l’éducation scolaire de la jeunesse, des finalités de l’école de demain ; et cette autre visant à corréler conditions d’éducation en Afrique et émergence économique du continent.

Cinq axes de réflexions s’en sont dégagés. Celles qui ont permis de situer l’importance de la reconstruction scolaire en Afrique et les enjeux du débat général sur l’éducation des jeunes : le nombre de plus en plus important des enfants africains devant être scolarisés, celui des enfants hors systèmes scolaires, le décrochage scolaire, les disparités liées au genre et les inégalités observées entre les villes, les villages et enfin, la qualité de l’éducation. Ces préoccupations invitent politiques et Etats à mieux structurer les corrélations entre croissance démographique, investissements éducatifs et espaces.

Pour Rita Gonzalez Delgado, la politique éducative mise en place par les autorités cubaines depuis 1961 peut servir de modèle à plusieurs pays africains. Le leitmotiv étant de considérer l’homme comme la plus grande richesse d’un pays et d’associer à sa formation les dimensions morale, familiale et sociétale. Pour l’experte, une bonne politique éducative commence dans la famille, suit son cours à toutes les étapes du système de scolarisation et se doit de former l’individu, l’homme étant toujours au centre de l’éducation.

Nombreux sont les débats qui ont suivis les exposés. Celui qui a insisté sur l’inadéquation du concept même d’école avec les environnements non occidentaux a retenu l’attention. En effet, l’école, telle que nous la connaissons, est occidentale. C’est un lieu d’instruction fermé, un espace où l’on apprend collectivement, où des personnes qui détiennent un savoir doivent le transmettre à d’autres. Cette conception a pour principe de créer un amalgame dans l’esprit des acteurs du système éducatif, en ce qu’il n’établit pas de distinction entre l’instruction qui est du ressort de l’école et l’éducation qui revient à la famille. Cette école doit avoir une autre définition et d’autres fonctions que celles d’isoler et de réduire l’élève à l’écriture et à une note. D’autres formes d’éducation peuvent en effet être valorisées et qui participeraient à l’épanouissement de l’apprenant en contexte africain. Le danger pour les Africains est d’ajuster les rythmes scolaires aux calendriers occidentaux. Or, il paraît plus approprié que les systèmes scolaires des leurs Etats tiennent compte des réalités socioculturelles et environnementales comme les périodes d’agriculture, de chasse et même de pêche. Cela aurait pour avantage de limiter les décrochages ou abandons scolaires des enfants. Outre cette adaptation aux réalités environnementales, l’école de demain devrait, à chaque fin de cycle, permettre à un élève d’acquérir une formation pratique.

Rendez-vous a été pris pour le XVIe colloque de l’AFDECE en 2019. Il aura pour thème : « bilinguisme dans les écoles ». Ville multiculturelle, Beyrouth et son hospitalité accueilleront cette institution en convive.


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