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Environnement et qualité de vie.
Les stratégies d’accommodation au changement climatique et la construction sociale du statut et de la santé chez la femme agricultrice à Soubré

Aké Anicet Elvis Ahou, Kouakou M’bra, Département de Sociologie, Laboratoire de Sociologie Economique et d’Anthropologie des Appartenances Symboliques (LAASSE), Aya Sainte Sébastienne Kouassi, Centre Ivoirien de Recherches Economiques et Sociales (CIRES), Laboratoire de Sociologie Economique et d’Anthropologie des Appartenances Symboliques (LAASSE), Réseau Ouest et Centre Africain de Recherche en Education (ROCARE), Université Félix Houphouët-Boigny, Côte d'Ivoire


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De l’observation des irrégularités pluviométriques et thermiques à Soubré, les femmes en milieu rural reconstruisent leurs perceptions ainsi que leurs rapports aux pratiques agricoles classiques. Les villages de Petit Bouaké 1 et 2, Krohon et Boubouo du département de Soubré, à l’image de toute la Côte d’Ivoire, subissent constamment ces dernières années les effets d’un dysfonctionnement des saisons climatiques : périodes de chaleur et de sècheresse prolongées au-delà du temps socialement préconçu et connu des populations rurales. Sur cette base, les femmes de ces quatre villages tentent de répondre non seulement aux préoccupations que suscitent ce phénomène (modifications des cycles de saisons) mais aussi celles questionnant leur qualité de vie en communauté. Ainsi, ces populations féminines entendent accommoder leur carrière sociale aux diverses formes de dérèglement saisonnières en mobilisant des ressources et stratégies de résilience propres à leur capacité d’intervention (entraide, regroupement associatif, aptitude, maitrise, compétence…) face aux techniques et pratiques agricoles du moment. Elles entrevoient, donc, se positionner comme des actants indispensables au développement de ce secteur d’activité désigné socialement comme rémunérateur pour ses artisans. En outre, une adhésion objective aux initiatives champêtres participe à consolider d’une certaine manière leur statut de femme agricultrice. Dans ce cadre, l’organisation de leurs activités se structure autour d’une conversion et convergence des forces individuelles de travail en des forces collectives à travers la mise en place de nouvelles appartenances sociales ou associations féminines. Ces groupements associatifs sont constitués de femmes ayant pour objectifs communs la reconstruction de leurs conditions sociales dites précaires voire discriminatoires. Malgré cela, la localité de Soubré (région de la Nawa) qui constitue en partie, le « poumon de l’économie agricole ivoirienne » en termes de production à grande échelle des cultures de rente (hévéa, cacao, palmier à huile…) et fondamentalement une grande fourniture des variétés de vivriers (ignames, bananes plantains, manioc, riz, maïs, légumes de toutes sortes...) ne bénéficie pas effectivement de programme national de sensibilisation sur la question du changement climatique. Les populations ne sont pas suffisamment informées et/ou ignorent quasiment les causes, effets et surtout l’ampleur de ce phénomène.

Dès lors, pour éviter de se construire comme des « réfugiés climatiques » (A. François et M. Taabni, 2012, 460) et surtout subir les affres de la famine, les femmes selon leurs perceptions voire connaissances locales face au questionnement de la situation actuelle reconstruisent leurs rapports aux effets collatéraux du changement climatique, aux techniques de production agricole ancestrales. Or, bien souvent le travail qu’elles effectuent en vue de parvenir à une certaine stabilité alimentaire et même socioéconomique ne bénéficie pas souvent du soutien des hommes (conjoint précisément). Ils les perçoivent parfois comme des potentielles concurrentes dans ce secteur d’activité. De surcroit les terres arables disponibles deviennent de plus en plus rares avec les imprévisibilités des contraintes climatiques dans la zone. Dès lors, elles rencontrent des difficultés à accéder aux surfaces cultivables suffisantes pour réaliser leurs divers projets agricoles.

En outre, depuis les années 2000 du fait des crises sociopolitiques et conflits intercommunautaires récurrents dans le pays, en particulier dans cette localité, elles sont confrontées à la raréfaction de la main d’œuvre, le plus souvent d’origine étrangère : burkinabé, malienne, guinéenne… Ces différents contextes font subir aux femmes des insuffisances dans leurs productions agricoles et conduisent à des baisses importantes de rendement (Y. T. Brou et Al, 2005, 537). Ce phénomène climatique est devenu une problématique sociale nationale. Il affecte de plus en plus l’épanouissement des populations en milieu rural. Pour ce qui concerne les femmes à Soubré, il met en cause leur production agricole, autonomie financière et statut qui structurent leur identité sociale dont la traduction idéologique est perceptible à travers la désignation de « bonne femme » [1] au sein des ménages. Cela influence donc leur indépendance sociale au regard de la stabilité de leur qualité de vie. Il faut souligner que l’opérationnalisation de cette qualité de vie implique le bien-être de ces femmes au sein de leurs espaces sociaux. Elle rend, ainsi, compte de l’approche définitionnelle que l’Organisation Mondiale de la Santé ((OMS) citée par A. Gautier, C. Kubiak et J.-F. Collin, 2005, 45) confère à la santé, à savoir : la santé ne se structure pas seulement autour d’une absence avérée de morbidité mais constitue « un état de bien-être physique, psychologique et social ».

Malgré les différences qui existent entre les modèles théoriques qui contribuent à l’explication du rôle que joue l’ensemble des facteurs associés à la question de santé et du bien-être, ils ont en commun d’aboutir à une vision holistique ou multifactorielle (M. Ferland et al., 1994). De l’argumentaire qui précède, cette étude s’appuie sur diverses perspectives théoriques de la sociologie qui traite des questions d’environnement, du milieu rural, de santé, des organisations socioéconomiques et culturelles. Ces orientations théoriques participent à la contextualisation du système de relations qui se construit parallèlement entre le changement climatique, ses effets collatéraux sur les productivités agricoles et les caractéristiques sociales, économiques, culturelles, sanitaires… présidant la qualité de vie en milieu rural imposant la mobilisation de ressources et stratégies adaptées. Cela s’illustre à travers les travaux de K. S. Hounkponou et al. (2009) et ceux de Y.T. Brou, F. Akindés, S. Bigot, (2005) qui décrivent des caractéristiques culturelles et cultuelles dans le processus de gestion du phénomène du changement climatique. En outre, S. Ronak et A. Niranjan (2009) proposent l’usage de cultures dites améliorées et des produits phytosanitaires comme éléments de réponses à la problématique de sauvegarde de la productivité agricole. Aussi, ce texte s’articule autour des notions de capital social (N. Lin, 1995), de cohésion sociale mais aussi des facteurs psychosociaux (sentiment de contrôler sa destinée) traités par G. Paquet et B. Tellier (2003) pour rendre compte des questions d’accommodation, de statut et de santé constituant des aspects essentiels pour la qualité vie de ces femmes. Diverses stratégies d’adaptation sont mobilisées pour renforcer les actions à la fois individuelles et collectives.

La mobilisation du capital social des femmes à Soubré se fait aux moyens des compétences traditionnelles ou locales : vie associative (engagement à l’entraide et à la sociabilité) face à la réalisation des activités champêtres. Ainsi, l´adaptation aux contraintes climatiques et familiales des femmes en milieu rural visent non seulement à améliorer leurs rendements agricoles, mais également à valoriser leurs compétences et statuts au sein des ménages. En Côte d’Ivoire et particulièrement à Soubré, la pratique des cultures vivrières permet à plusieurs femmes du milieu rural d’accéder et consolider une certaine autonomie socioéconomique : source de qualité nutritionnelle, de revenu et de richesse. En outre le niveau socio-économique acquit par ces femmes réduit les inégalités entre elles et les hommes. Il influence également leurs comportements de santé et de bien-être personnel ainsi que ceux des membres de leur famille : prise en charge spontanée des problèmes de santé avec pour conséquence directe la réduction des cas de décès prématurés. Cela concourt à assurer une certaine longévité (prolongement de l’espérance de vie …) des membres de leur ménage. Dès lors, la santé constitue un maillon essentiel qui permet de rendre compte du statut valorisé des femmes. Leur contribution au bien-être sanitaire du groupe (besoins biomédicaux d’urgence) au même titre que leur conjoint ou autres parentèles consolide la manifestation de cette nouvelle identité sociale dont elles envisagent exprimer la visibilité dans leur cadre de vie. A cet effet, elles constituent un soutien social indispensable pour les membres de leur ménage car, elles sont capables de participer à la satisfaction des besoins quotidiens ainsi qu’à la réalisation objective des projets de vie du groupe.

Toutefois, pour pérenniser cette posture et/ou intervention dans le fonctionnement de leur société d’appartenance, elles se doivent de maintenir une certaine capacité à pouvoir stabiliser leur niveau de productivité agricole. Cela implique, en effet, qu’en dépit du regard des hommes, de l’insuffisance des terres arables, des contraintes et ampleurs des aléas climatiques mais aussi de l’absence d’une main d’œuvre propice, ces femmes doivent développer des stratégies individuelles et même collectives pour s’accommoder la situation. Pourtant, cette accommodation implique l’accroissement de leur patrimoine foncier individuel et surtout le renforcement du rendement agricole avec pour corollaire la diversité culturale.

L’agriculture pratiquée par les femmes constitue en quelque sorte un gage de cohésion et d’intégration sociale aussi bien pour leur ménage que pour leur communauté d’appartenance. A ce propos, ce texte s’est assigné pour objectifs d’analyser d’une part les stratégies d’accoutumance au changement climatique et l’appropriation des techniques culturales inhérentes chez les populations féminines à Soubré. D’autre part, il décrit les déterminants sociaux de la qualité de vie chez les femmes en milieu rural de Soubré. Parcourir ces objectifs participe à répondre à la problématique centrale que sous-tend la résilience à l’influence des effets corolaires du changement climatique sur les habitudes et qualités de vie quotidiennes des femmes indissociables à la productivité agricole à Soubré.

Ce texte est produit sur la base de l’exploitation de données documentaires en corrélation avec celles d’investigations locales impliquant des femmes paysannes dans le département de Soubré (chef-lieu de région, de la Nawa notamment), du 12 au 26 Mai 2018. Au nombre de 40, ces femmes interviewées proviennent de Petit Bouaké1 et 2, Krohon et Boubouo quatre villages situés dans le département de Soubré. Elles sont constituées dans l’ensemble de groupes ethniques socialement désignés autochtones et allochtones de la Côte d’Ivoire mais aussi de quelques originaires du Burkina Faso, du Mali et de la Guinée. Elles sont pour la plupart analphabètes. Elles sont actives dans le domaine de la culture du manioc, d’igname, de bananier plantain, de riz et des produits légumineux. Toutefois, certaines parmi-elles tentent de s’exercer avec les cultures de rentes, bien que leurs superficies soient insignifiantes relativement à celles des hommes. La présente étude relève d’une démarche qualitative caractérisée par le recours d’entretiens semi-directifs, récits de vie et focus groupes dans sa réalisation. La structure internationale World Agroforestry Centre (ICRAF), a guidé la négociation et la sélection des femmes associées à ce travail de recherche. Cet organisme (en charge d’instruire, d’assister et surtout d’accompagner les femmes dont la situation sociale est soumise à réflexion) a organisé les rencontres et entretiens à travers son représentant de la localité. Les entretiens individuels et récits de vie ont été réalisés auprès de 10 femmes par village. Quant aux focus groupes, ils ont été effectués avec 37 femmes. Chacun des focus groupes (G. Simand, 1994, 291) a réuni en moyenne 09 participantes, dont l’âge varie entre 25 et 50 ans. Les objectifs assignés à la réalisation de cette étude ont présidé les échanges. Les données recueillies et transcrites ont fait l’objet d’une analyse de contenu thématique. Ce qui a permis de saisir les mécanismes de résilience des femmes (en milieu rural du département de Soubré [2]) face aux dysfonctionnements climatiques, les ressources sociales mobilisées pour maintenir leurs productivités agricoles et surtout améliorer leur qualité de vie.


1. Des stratégies d’accoutumance au changement climatique à l’appropriation des techniques culturales inhérentes chez les populations féminines à Soubré

1.1. Les perceptions sociales du changement climatique des femmes à Soubré
Des investigations effectuées à Petit Bouaké 1 et 2, Krohon et Boubouo, les femmes interrogées révèlent qu’elles rencontrent diverses difficultés dans la réalisation de leurs activités champêtres ces dernières années. Elles dénotent face à cette réalité, une perturbation du cycle saisonnier et du calendrier agricole. Selon leurs perceptions, cela peut se lire comme un phénomène nouveau auquel elles n’arrivent pas à attribuer socialement un sens mais qui, pour elles, favorise la dérégulation continue des saisons pluvieuses et sèches. Elles observent que, ce dysfonctionnement climatique influence les capacités de leurs exploitations agricoles à pouvoir produire un rendement de qualité et surtout en quantités suffisantes pour satisfaire aussi bien aux besoins nutritionnels que socioéconomiques (amenuisement de la productivité agricole et des revenus post-campagnes). Par ailleurs, elles et quasiment l’ensemble des membres de leur communauté associent ces évènements à des logiques socioculturelles et/ou magico-religieuses. Elles les assimilent à des transgressions de lois et coutumes en vigueur à savoir : des accouplements humains en brousse ; le fait de ne plus honorer les engagements d’adorations périodiques adressées aux fétiches et génies protecteurs des forêts et eaux nourricières pour leur espace social. Ou même, par le simple fait d’une manipulation des saisons orchestré par des acteurs socialement désignés comme des sorciers lanceurs de sorts maléfiques. Selon leurs perceptions, ces personnes peuvent délocaliser la pluie pour des raisons qui leurs sont le plus souvent propres (jaloux du fait qu’ils n’arrivent pas avoir un rendement à grande échelle comme les autres…). C’est pourquoi, comme le souligne les travaux de K. S. Hounkponou et al. (2009, 9) et Y.T. Brou, F. Akindés, S. Bigot (2005, 535), en certaines localités les dimensions culturelles et cultuelles de la situation qui y prévalent participent à recourir généralement aux pratiques rituelles des faiseurs de pluie afin d’implorer le pardon des divinités responsables des bouleversements pluviométriques. Car comme ces femmes le signifient, il pleut à des périodes de l’année où elles ont des difficultés à pouvoir pratiquer certaines activités agricoles. Cette situation se traduit parfois par de longues périodes de pluies. Le plus souvent, elles assistent à des périodes de sécheresses inopinées en cours de campagne agricole dont la compréhension est difficilement admissible à leur entendement. Cela implique qu’elles ne maitrisent plus les périodes propices aux pratiques agricoles saisonnières ordinaires. Cette imprévisibilité des saisons accentue l’incertitude quant à la productivité des cultures agricoles de cycles courts. Elles y observent une récurrence d’investissements à perte qui mettent en cause leurs attentes. Face à cette réalité, les femmes ont tendance à réduire massivement les tailles de leurs espaces champêtres.

1.2. Les techniques culturales des agricultrices face au changement climatique à Soubré : innovantes ou modernes

1.2.1. Les techniques locales
Les techniques locales représentent un ensemble de pratiques culturales initiées personnellement par les populations, selon les saisons, pour pallier les insuffisances agricoles. Elles concernent l’ensemencement, la diversification et la valorisation de certaines cultures. Selon les enquêtées, il existe aujourd’hui des incertitudes relatives aux calendriers agricoles (périodes propices pour les labours et semences). Ce qui est traduit dans ce discours recueilli lors des focus groupes : « le soleil dure trop maintenant, quand on veut semer c’est là il fait chaud, le soleil nous fatigue. Quand il y a la pluie aussi ça vient fort, on ne sait plus à quel moment il faut planter ». Sur cette base, elles s’inscrivent dans une logique d’adaptation au changement climatique face à l’enjeu de la productivité. A cet effet, ces populations féminines procèdent par anticipation sur les moments de semences. En d’autres termes, elles profitent des premières pluies pour entreprendre leurs activités champêtres. Bien que l’efficacité de ce procédé soit parfois questionnée, il permet à plusieurs femmes de sauvegarder leur production dans le contexte actuel des contraintes climatiques. De surcroit la main d’œuvre se fait rare. Ainsi, cette anticipation leur permet de mobiliser les quelques rares hommes de cette catégorie sociale disponible pour leur compte. Les femmes ont également institué la stratégie de la diversification des cultures. Ainsi, elles peuvent se permettre de cultiver à la fois sur une même parcelle (de façon agencée) le manioc, le bananier plantain et certains produits légumineux. C’est ce type de culture que S. Ronak et A. Niranjan (2009, 12) ont appelé cultures intercalaires. Cette technique de diversification des cultures est de plus en plus utilisée par les femmes de la localité de Soubré en vue d’accroître leurs revenus émanant des récoltes. A cet effet, les femmes en justifient la portée à travers ces propos : « nous faisons beaucoup de cultures dans un même champ pour ne pas perdre totalement après les récoltes. Si une ne donne pas, l’autre va donner ». En outre, les femmes agricultrices de Soubré s’inscrivent dans une logique de sélections des sols adaptés à certaines cultures du fait des irrégularités pluviométriques et des longues périodes de saisons sèches. Ces femmes s’abstiennent, ainsi, de cultiver le riz sur les plateaux. Elles s’orientent désormais vers les bas-fonds qui sont devenus, dans ce contexte de changement climatique, plus appropriés à la riziculture.

Par ailleurs, dans ce processus d’adaptation aux imprévisibilités du climat, plusieurs nouvelles variétés de cultures ont été introduites et vulgarisées par ces femmes à Soubré (région de la Nawa). Elles se spécialisent, en effet, de plus en plus dans de nouvelles variétés d’igname (Cameroun et cocoassé) et de riz (riz de bas-fonds) pour répondre à la nécessité d’améliorer leurs conditions de vie. Ce nouvel habitus cultural participe à conforter la qualité de vie (équilibre alimentaire, socioéconomique, valorisation du statut) de leur ménage.

1.2.2. Les pratiques culturales dites « améliorées »
Suites aux techniques locales, les femmes mobilisent des pratiques agraires dites améliorées pour s’adapter aux modifications des saisons. Ces techniques consistent en l’utilisation d’arbre d’ombrage, d’engrais et de produits phytosanitaire pour l’entretien des champs. Elles sont dites améliorées, car elles émanent de structures scientifiques et techniques. Elles constituent l’aboutissement d’un processus de test et de validation. Elles favorisent plus de bénéfices en termes de force de travail, de rendement et de revenu. Au cours de ces dernières années, les femmes agricultrices ont pu accroître leurs productivités avec l’adoption de ces pratiques culturales améliorées. En effet, à travers les Champs-Ecoles Paysans, initiés par l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural (ANADER), des options jugées nécessaires ont été introduites dans un processus de co-apprentissage avec les producteurs de cacao. Il s’agit de planter des arbres et des bananiers plantains dans les champs de cacao et de maraîchers. Ces pratiques améliorées ont été appuyées par World Agroforestry Centre (ICRAF). Cette pratique permet de favoriser de l’ombre et donc de contribuer à diminuer l’effet de la chaleur sur les cultures (E. Benoit, 2008, 65). Par ailleurs, cette technique permet de préserver les cultures vulnérables des vents violents. En outre, les femmes utilisent les produits phytosanitaires et de l’engrais chimique pour l’entretien des plants. L’utilisation de ces produits, combinés au planting d’arbres et de bananiers plantains dans les champs de maraîchers ont contribué non seulement à renforcer la capacité d’adaptation au changement climatique, mais aussi à stabiliser leurs productions et revenus agricoles. Selon les femmes agricultrices : « C’est grâce aux petits arbres et aux bananiers que nos plantations réussissent et produisent mieux maintenant ».


2. Les déterminants sociaux de la qualité de vie des femmes agricultrices à Soubré

2.1. La sociabilité féminine et la rentabilité agricole à Soubré
La solidarité entre les femmes de Petit Bouaké 1 et 2, Krohon et Boubouo pendant la réalisation des activités champêtres constitue un facteur de régularisation de la productivité agricole et de leur condition féminine. Ainsi, face au contexte du changement climatique et de la raréfaction locale de la main d’œuvre, cette forme d’organisation sociale (vie associative) participe à stabiliser la production vivrière et leur niveau de vie. De fait, les femmes recourent aux appartenances sociales pour réaliser objectivement leurs activités agricoles. Dans cette localité de la Côte d’Ivoire, les réseaux familiaux jouent un rôle indispensable dans le développement des cultures vivrières. La force de travail repose sur les groupements domestiques (les femmes, leurs enfants, neveux, nièces…). Ce sont les groupements domestiques qui ont à charge la responsabilité d’amorcer les préliminaires de la création d’un espace champêtre. Le rapport de consanguinité qui existe entre les membres du groupement familial constitue un facteur légitime de devoir que chacun a à contribuer au succès d’une entreprise champêtre.

Toutefois, bien que parfois le conjoint offre sa main d’œuvre à la création des champs, la femme se retrouve seule pour la suite des activités. Car, ce dernier s’oriente vers ses propres activités, essentiellement basées sur les cultures d’exportation qu’il juge financièrement plus rentables. Quant aux enfants, leur force de travail n’est mobilisée qu’en période de vacances et de congés scolaires. Une fois les congés achevés, la femme se retrouve effectivement seule face aux travaux. En plus de ses propres activités dans son champ et dans le ménage, elle doit aider son conjoint dans le secteur des activités de rente. Le groupe communautaire est donc mobilisé comme une ressource organisationnelle face aux difficultés du travail. Les associations féminines, les réseaux d’amies et de connaissances constituent un capital social qui favorise la rentabilité et l’accroissement des revenus agricoles. Lesdites associations impliquent l’exploitation et la conversion entre autres des rapports au sein des groupes ethniques et religieux en force de travail. Cette forme de sociabilité permet aux femmes de travailler efficacement de façon cyclique ou tournante dans les champs de chaque membre du groupe jusqu’à ce que toutes les activités de semis, de buttage, se sarclage s’achèvent. De cette façon, les femmes perdent moins de temps, d’effort physique et d’argent dans la création ainsi que l’entretien de leurs espaces champêtres. Ce fait est décrit par le récit de cette enquêtée : « Quand on travaille en groupe, on s’encourage et le travail va vite. Le travail en association nous aide à semer beaucoup, à bien nettoyer le champ et ça nous donne de bonnes récoltes… ». Cette organisation des femmes contribue à consolider également les liens sociaux au sein des différents groupes d’appartenance. De ce fait, le recours au groupe est révélateur d’une stratégie qui favorise la cohésion sociale (communautaire notamment) et donc accroît les possibilités de médiation (conseils) en cas de conflit dans le couple. Ainsi, tout en contribuant à accroître la production agricole, cette stratégie fonctionne aussi comme un facteur de valorisation du statut et de consolidation de la paix au sein du ménage.

2.2. La construction sociale du statut et de la position sociale de la femme agricultrice au sein du ménage
Au regard des investigations, les femmes de Petit Bouaké 1 et 2, Krohon et Boubouo, tentent de mobiliser leurs capacités à pouvoir produire des ressources agricoles et participer à la gestion des charges familiales pour asseoir leur statut et positionnement social. De fait, elles sont engagées à favoriser une collaboration sous forme d’entraide entre conjoints (achat de matériels travail : dabas, machettes, produits phytosanitaires…). Elles appuient financièrement leur conjoint pour l’amélioration des exploitations champêtres de rente afin d’assurer le bien-être familial. Aussi, les femmes sont engagées dans la gestion et la préservation des patrimoines fonciers de famille. Elles préconisent au conjoint un partenariat gagnant-gagnant (en termes investissement) pour éviter les conflits entre eux sur l’usage des parcelles champêtres. Cette organisation partenariale réduit les réfutations des hommes à céder les jachères, désignées fertiles, aux femmes. Selon les enquêtées, le plus souvent (pour ce qui est du problème d’accès aux terres culturales) la parcelle est libre. Mais, c’est au moment où elles décident d’y réaliser une activité que l’époux ou les hommes de leur famille convoitent la portion de terre pour ensuite la déclarer occupée afin de les empêcher de faire leur travail. Elles estiment que les hommes de leur communauté ne les comprennent pas réellement et les construisent généralement comme des concurrentes qui risquent de non seulement mettre en cause leur autorité mais aussi réduire leur patrimoine foncier. Les deux entités sociales parviennent à un consensus après des médiations d’acteurs extérieurs. De même, après une explication de la portée des leurs activés agraires, la confiance s’installe et les espaces à exploiter sont accordés aux femmes par les hommes qui en sont les propriétaires.

Par ailleurs, elles sont socialement désignées « bonne femme » au sein des ménages par les membres de leur communauté d’appartenance. La femme qui dans un passé récent, notamment en contexte africain voire ivoirien, avait pour rôle principal d’exercer les activités ménagères (S. F. Dédy et G. Tapé, 1995, 91) s’est reconstruite comme un acteur social plus entreprenant. La dynamique des habitudes de vie laisse entrevoir qu’elle contribue effectivement à la survie et aux dépenses du ménage. A cet effet, à Petit Bouaké 1 et 2, Krohon et Boubouo, les activités des agricultrices ne passent pas inaperçues au sein des ménages. Elles se chargent de fournir de la nourriture aux ménages avec une partie de leurs récoltes. L’autre partie est destinée à la vente. Le revenu est utilisé pour l’achat d’aliments non cultivés pour satisfaire aux besoins des ménages. Comme le souligne également cette enquêtée : « Je cultive pour donner à manger à mon mari et aux enfants… et puis je vends un peu pour gagner de l’argent et payer huile, savon, poisson, cube maggi, sel et tout ce qui manque à la maison ». Aussi, cet engagement de ces femmes dans la participation de la gestion des charges familiales s’inscrit dans une logique socioculturelle de leur appartenance communautaire. Cette posture leur a été socialement inculquée lors de leur socialisation aux habitudes de vie en communauté. A cet effet, elles sont à même de participer selon les circonstances et leurs ressources aux charges familiales (transport, achat de biens immobiliers et mobiliers, habillement des enfants, du conjoint…) sans qu’elles ne s’y sentent obliger. Les dires de ces femmes recueillis lors d’un focus groupe attestent cette réalité : « on fait ça parce que c’est ça que nos mamans ont fait. Nous aussi on le fait pour rester dans la tradition et que nos maris continus de nous accepter et nous aimer encore plus ». En outre, en situation d’incertitude sur la disponibilité de revenu chez le conjoint, la femme intervient également en usant ses revenus provenant de la vente des récoltes pour assurer les frais de scolarisation des enfants et/ou pour garantir le séjour d’un visiteur en cas d’arrivée inopinée dans leur domicile. La participation des femmes aux charges du ménage caractérise d’une certaine manière leur autonomie socioéconomique qui légitime leur statut, valeur et positionnement au sein de leur communauté.

2.3. De l’autonomie socio-économique de la femme au renforcement des indicateurs de la santé et/ou de la qualité de vie des ménages en milieu rural
La quête d’autonome socio-économique, à travers les rendements du vivrier, a pour objectif, selon les femmes, de parvenir à améliorer la qualité de vie de leur famille respective. La contribution à la gestion des charges domestiques à partir des productions économiques féminines aide les populations à quitter la précarité sociale en milieu rural. Bien qu’elles ne disposent pas de budget de fonctionnement familial, ces femmes parviennent à satisfaire régulièrement les besoins nutritionnels (achat de viande, de poisson…) suffisants et équilibrés pour le bien-être sanitaire du groupe. Elles participent donc à la consolidation d’une forme d’économie solidaire à travers la distribution de leurs ressources agricoles. Cela renforce les liens sociaux (cohésions) entre les membres du ménage. Elles agissent ainsi dans le strict respect de leur conjoint établi socialement comme le chef de ménage. Elles soutiennent leur conjoint dans la gestion des évènements ludiques ou tristes sans craindre de manque. Ces femmes sont engagées à faciliter la fréquentation des services sanitaires à l’ensemble de leur famille. Elles contribuent aux soins des patients (frais de transfert, frais d’hospitalisation, frais du séjour des membres de la famille à l’hôpital) au sein du ménage.

Pour preuve, le cas d’une famille où le mari n’avait pas d’argent disponible au moment de l’accouchement de leur fille. La femme a dû prendre sur elle la responsabilité et surtout l’engagement d’assurer les frais d’accouchement par césarienne et d’hospitalisation post-parturition par ce qu’elle avait fait des économies avec ses ventes de produits vivriers à savoir : le manioc, le gombo frais et sec, le piment frais et sec… Il s’agissait d’un accouchement difficile où sans l’apport financier de la femme cela allait être plus pénible aussi bien pour elle que pour son mari. Elles financent le plus souvent le traitement des maladies tropicales comme le paludisme, la fièvre typhoïde… pour ce qui est du paiement des ordonnances médicales. Cela afin de favoriser un certain prolongement de l’espérance de vie en milieu rural. Ces « bonnes dames » ne restent donc pas en marge des prises de décisions fondamentales pour le bien-être familial et communautaire. Aussi, avec cette autonomie socioéconomique, elles semblent ne plus avoir constamment recours à leur conjoint pour se procurer des produits de soins corporels (produits cosmétiques) pour leur embellissement quotidien. De même, elles n’ont pas nécessairement besoin du soutien financier de leur mari pour s’assurer le paiement des transports de leur déplacement/voyage, s’acheter un téléphone portable et ses crédits de communication. Elles peuvent désormais se procurer des pagnes de qualité qu’elles désirent. Elles peuvent s’assurer les nourritures de leur choix. Elles participent à l’assainissement de leur environnement dans la mesure où elles aident parfois leur conjoint à financer la construction des toilettes (latrine type classique) pour leur famille. Elles contribuent au traitement de l’eau de boisson à travers leur appui à l’entretien des installations des pompes hydrauliques villageoises dans leur localité. Elles sont, en effet, conscientes que leur implication dans la gestion de l’hygiène de l’eau permet de garantir à long terme un état équilibré de bonne santé pour les populations en milieu rural. Cela conduit surtout à un « état de bien-être physique, psychologique et social » pour toute la couche familiale comme le stipule l’OMS dans sa perception des indicateurs de santé chez un être humain. Les femmes mobilisent l’utilisation des ressources agricoles locales pour transformer les conditions sociales de leur entourage. Elles amènent donc leur communauté à prendre conscience que leurs activités agricoles peuvent concourir aux mieux-être physiques, psychologiques et sociaux du groupe et surtout réduire les situations critiques pouvant affecter pronostic vital. Du fait que cela favorise la réduction des risques de maladies liées à l’eau, la malnutrition, aux sous-traitements médicaux mais également à la diminution des stress occasionnés par le manque de ressources face à la gestion des besoins sociaux de toutes sortes (maladie aigue ou chronique, famine, cas de décès, scolarisation des enfants…).

Somme toute, en fonction des saisons, les femmes en milieu rural mobilisent les rendements agricoles du moment (production et vente de maïs (frais et sec), riz, igname, manioc (frais et sec) graines de palmiers (huile rouge artisanale), aubergine…) pour asseoir une certaine autonomie socioéconomique du ménage. Leur orientation culturale constitue donc un gage de cohésion sociale car, elles favorisent non seulement l’intégration sociale de la femme en milieu rural mais aussi la collaboration entre les deux acteurs principaux (conjoints) dans la gestion des charges et du mode fonctionnement du ménage qui détermine la qualité de vie du groupe d’appartenance.


3. Discussion

De façon générale, le dysfonctionnement des saisons climatiques bouleverse les productivités agricoles aussi bien des hommes que des femmes en milieu rural. La variation de la pluviométrie y est imprévisible. Elle n’est pas réellement maitrisée et influence constamment la réalisation des activités champêtres et leurs rendements : hévéa, palmier à huile, cacao, café, maïs, riz, manioc, igname, légumes… Ainsi, l’engagement des femmes de Petit Bouaké 1 et 2, Krohon et Boubouo de la localité de Soubré au processus de reconstruction des rapports aux pratiques culturales face aux effets corollaires du changement climatique participe à la pérennisation de certaines habitudes de vie socialement forgées au cours de leur socialisation. Leurs motivations laissent entrevoir une quête objective d’autonomie socioéconomique déterminante pour instituer leur statut et positionnement social comme des actants intégrés à la vie communautaire. En d’autres termes, ces femmes tentent d’exprimer et traduire leurs capacités à pouvoir mobiliser des ressources additives à celles des hommes pour renforcer les déterminants sociaux du bien-être et de la qualité de vie le plus souvent précaire en milieu rural. Ce texte fait donc comprendre cette réalité sociale, selon la condition féminine en Côte d’Ivoire, à partir de la conjugaison des axes de réflexion de l’anthropologie et de la sociologie spécialisées en matière d’environnement, d’organisation socioculturelle, d’économie agricole et de la santé. Il démontre comment à partir de leurs stratégies et rendements agricoles, dans un contexte de changement climatique associé à une raréfaction de mains d’œuvre, les femmes parviennent à reconstruire leur qualité de vie (valorisation du statut et positionnement social, amélioration des indicateurs de santé…) au sein des ménages en milieu rural. Sur cette base, M. Ferland et G. Paquet, (1994, 5) estiment que, la santé et le bien-être des individus et des collectivités tiennent à un ensemble de dimensions et de facteurs sociaux qui débordent largement le système des soins de santé. Il met ainsi en exergue l’existence d’une certaine corrélation entre la santé, la situation socioéconomique, la position sociale des individus et leurs milieux de vie. Quant à M.-A. Tremblay (1983, 6), il construit la santé comme un phénomène global à partir d’une approche holistique. De fait, pour lui ce modèle théorique structure les caractéristiques de la santé à travers la conciliation des facteurs biologiques, psychologiques et culturels (personnalité, insertion au sein d’un réseau de groupes sociaux et appartenance à une culture particulière). De fait, cette étude permet de mettre en évidence les ressources sociales (sociabilité et solidarité au sein des groupements féminins, techniques culturales locales et « améliorées » …) mobilisées par les femmes pour assurer leur maintien dans l’économie agricole en dépit des effets collatéraux du changement climatique sur leurs cultures. Ces ressources sociales sont fonction de la coopération au sein des réseaux sociaux d’appartenance : familiale, amicale, religieuse, ethnique… En effet, ces groupes sociaux d’appartenance participent à la construction des liens forts (M. Granovetter, 1973, 1361) non seulement entre les femmes elles-mêmes, mais aussi entre les femmes et la communauté. L’appartenance à ce réseau d’entraide constitue un capital social (P. Bourdieu, 2006, 29) qui permet aux femmes de développer leur production vivrière et surtout valoriser leur rôle et statut au sein des ménages à Soubré.

Dans certains pays comme la Bolivie, le Pérou et le Sénégal, les réponses adaptives des femmes rurales, au changement climatique se trouvent en partie dans les savoirs traditionnels. La division du travail selon le genre dans le ménage, les rendant généralement responsables de l’alimentation, les amène à construire un modèle agricole leur permettant d’assurer la disponibilité en produits vivriers et de produit d’alimentation et d’entretien de première nécessité. D’où, selon F. Saillant (1985, 8), les femmes ont la responsabilité d’assurer les soins d’hygiène dans l’unité domestique dans la majeure partie des communautés. Elles sont ainsi l’organe de référence pour garantir la reproduction de l’espèce humaine, l’alimentation, le maintien de l’équilibre sanitaire du groupe... Autrement dit, selon le Programme des Nations Unies pour le Développement, des études ont montré que le revenu est plus facilement dépensé en faveur du développement humain quand ce sont les femmes qui contrôlent les finances (PNUD, 1996, 77).


Conclusion

Dans le cadre de cette étude, plusieurs outils de collectes de données se sont avérés nécessaires. Il s’agit notamment des entretiens semi-directifs, des récits de vie et des focus groupes. Ainsi, les données recueillies à l’issue de ces entretiens ont permis, après une analyse de contenu, de dégager les fondements sociaux permettant la compréhension des stratégies d’accommodation au changement climatique et construction sociale du statut et de la santé chez les femmes agricultrices à Soubré (région de la Nawa). En définitive, cette étude se veut une contribution à la sociologie de l’économie agricole ouvrant une brèche à la sociologie de la santé. Elle met en évidence les stratégies des femmes agricultrices dans un contexte de changement climatique associé à une raréfaction de mains d’œuvre pour le maintien de la qualité de la vie (valorisation du statut et positionnement social, relèvement des indicateurs de santé…) au sein du ménage. Les groupes d’appartenance, les associations et les techniques innovantes sont autant de ressources sociales que les femmes agricultrices mobilisent pour faire face aux effets du changement climatique et pour maintenir la qualité de vie au sein du ménage.


Références bibliographiques

1. Ouvrage
Dédy Séri Faustin, Tapé Gozé., Famille et éducation, édition EDUCI, 1995.

2. Articles
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3. Webographie
Benoit Elisabeth, « Les changements climatiques : vulnérabilité, impacts et adaptation dans le monde de la médecine traditionnelle au Burkina Faso », in Vertigo - la revue électronique en sciences de l’environnement [En ligne], Volume 8, Numéro 1, avril 2008, mis en ligne le 12 avril 2008, consulté le 19 juillet 2018. URL : http://journals.openedition.org/vertigo/1467
François Alain, Taabni Mohamed « L’Afrique face aux changements climatiques », in Les Cahiers d’Outre-Mer [En ligne], n° 260, Octobre-Décembre 2012, mis en ligne le 01 octobre 2015, consulté le 30 juin 2018. URL : http://com.revues.org/6692.

4. Rapports
CTA (Centre technique de coopération agricole et rurale), Femme et agriculture, programme de radio rurale, n° 05/4, 2005.
PNUD, Rapport sur le Développement Humain, Programme des Nations Unies pour le Développement, 1996.


Annexe cartographique


Pour citer cet article :
Aké Anicet Elvis Ahou, Aya Sainte Sébastienne Kouassi, Kouakou M’bra, « Environnement et qualité de vie. Les stratégies d’accommodation au changement climatique et la construction sociale du statut et de la santé chez la femme agricultrice à Soubré », Revue Oudjat en Ligne, numéro 2, volume 2, janvier 2019.

ISBN : 978-2-912603-95-1.


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Notes :

[1Cette appellation est employée pour désigner la bonne conduite et la capacité de la femme à pouvoir contribuer aux dépenses au sein du ménage. De fait, la femme participe aux charges et dépenses familiales à partir des revenus issus des cultures vivrières.

[2En annexe de cette contribution se trouvent deux cartes permettant de localiser ce territoire de Côte d’Ivoire.

 

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