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VIH/SIDA et vie psychique.
Conséquences psychiques de la sérodiscordance au VIH chez les femmes gabonaises infectées et affectées

Georgette Ngabolo, Université Omar Bongo, Département de psychologie, Centre de Recherche et d’Etudes en Psychologie (CREP), Gabon Jahiel-Duffy Indenguela, Université de Picardie Jules Verne, Département de Psychologie, Centre de Recherche en Psychologie Cognition, Psychisme et Organisations (CRP CPO), France


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L’infection à VIH chez les femmes ne constitue pas un phénomène nouveau, car les données épidémiologiques et la littérature en matière de VIH/SIDA sont attentives aux femmes et aux jeunes.

En effet, moment où les décès des personnes infectées de longue date ne cessent de s’accroître et que le coût psychique et social de l’épidémie augmente, les avancées de la recherche thérapeutique laissent enfin apparaître l’espoir que le sida n’est plus une maladie mortelle (S. Hefez, 1996,1). Grâce à l’avènement des traitements antirétroviraux, aujourd’hui vivre avec le VIH durant plusieurs années n’est plus une utopie. Les femmes infectées sont largement prises en compte dans les programmes de prévention et de prise en charge. A cet effet, S. Bourdet-Loubère et A.-N. Mazoyer (2012, 165) indiquent que « Les personnes atteintes du VIH sont donc passées […], du statut de « porteurs d’une maladie mortelle » à celui de « patients chroniques » […] ». Cependant, chaque année encore dans le monde, plusieurs personnes sont contaminées par ce virus.

La découverte de la séropositivité demeure pour tout individu une information difficile à admettre. Dès cet instant, sa vie est troublée. Sur le plan psychologique, nombreuses sont les difficultés auxquelles il est confronté : refuge dans un déni, stigmatisation du milieu familial ou professionnel, sentiment d’abandon ou de honte… . Comme le souligne A. Nguyen (2010, 385 - 429) pour l’individu infecté, la découverte de la maladie est violente, parfois traumatique. Elle est comparable à un évènement traumatogène, car le sujet fait face au réel impensable de sa propre mort (Bailly, 1998, cité par A. Nguyen, op. cit., p. 385). « […] Dans le cas du sida, l’atteinte narcissique est d’autant plus importante que cette maladie véhicule des représentations inquiétantes. Au traumatisme psychologique de l’annonce de la maladie vient se greffer un « traumatisme social » […] » (A. Nguyen, idem, p. 387).

Pour le commun des mortels, prendre connaissance de sa séropositivité au VIH peut avoir un impact néfaste sur sa stabilité psychologique. Qu’en est-il de la femme infectée ou affectée, sachant que dans le contexte culturel africain et particulièrement gabonais, la femme reste l’un des piliers fondamentaux de la société qui assure la descendance et la continuité de la famille. Ainsi, l’ampleur de l’infection chez les femmes au Gabon attire particulièrement notre attention.

Nous avons choisi de mettre en avant le discours de deux femmes. Ce travail a pour objectif de relever un éprouvé des femmes atteintes et affectées par le VIH/SIDA. A cet effet, A. Le Palec (2003, 71) souligne que « […] les difficultés de vivre la maladie sida ne concernent pas que les séropositifs eux-mêmes, mais aussi, et plus particulièrement parmi les personnes de leur entourage, celles qui sont informées, explicitement ou implicitement, de la nature de leur maladie et amenées à les assister physiquement ». Ces femmes présentent des difficultés à porter, à supporter ou à partager dans le secret, par rapport aux autres membres de la famille, leurs angoisses et leurs souffrances (A. Le Palec, op. cit., p. 71) et celles du conjoint. Nous tenterons au premier abord de jeter un regard sur le contexte de la pandémie dans la population des femmes comme groupe cible privilégié. Ensuite, nous ferons une analyse des conséquences psychiques relatives à la réalité de la pandémie, révélées par les « mots » et les « maux » de la femme dans le contexte gabonais.


1. La féminisation de la pandémie : un impact socioculturel du VIH/SIDA

Depuis plus de deux décennies, les femmes paient le lourd tribut de la pandémie du VIH/SIDA. Les données épidémiologiques ont montré qu’il y a une sorte de féminisation de l’infection à VIH dans la plupart des pays d’Afrique. En effet, les dernières estimations 2017, publiées par l’ONUSIDA dans La fiche d’information-Journée Mondiale du Sida (2018, 1) rapportent que « 36.9 millions [31,1 millions - 43,9 millions] de personnes vivaient avec le VIH en 2017. […] », dont 6,1millions en Afrique de l’Ouest et du Centre. Au sujet des femmes, « Chaque semaine, environ 7000 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont infectées par le VIH. En Afrique subsaharienne, trois nouvelles infections sur quatre parmi les adolescents âgés de 15 à 19 ans sont des filles. Les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont deux fois plus susceptibles de vivre avec le VIH que les hommes […]. Dans certaines régions, les femmes victimes de violence sont une fois et demie plus susceptibles d’être infectées par le VIH » (op. cit.., p. 2).

Dans le cas particulier du Gabon, les estimations de la dernière Enquête Démographique et de Santé (EDSG II, 2012) montrent dans la population générale (15 à 49 ans) une prévalence du VIH de 4,1%. Elle est beaucoup plus élevée chez les femmes (5,8 %) que chez les hommes (2,2 %). Les estimations Spectrum (2013-2014) ne fournissent pas le taux de transmission du VIH de l’homme à la femme et inversement. En 2016, l’ONUSIDA rapporte, 48.000 personnes vivant avec le VIH, et 76% des femmes enceintes ont accès au traitement. Les femmes sont plus touchées par l’infection à VIH et leur taux de prévalence est plus élevé que celui des hommes. Pour la population âgée de 15 à 49 ans, la prévalence est de 3,6 %. Chez les femmes elle atteint 5,3 %, contrairement aux hommes (2%.) Ce constat est assez dramatique.

Ces données épidémiologiques montrent à suffisance que les femmes sont plus victimes de la pandémie. Le sida en Afrique serait-il « […] une maladie des femmes ? » s’est interrogé A. Le Palec (1999, 443). Cette question renvoie au côté contaminant des femmes, à une construction sociale du Sida. D’après cet auteur, l’expression « femme séropositive » renforce encore cette idée de pouvoir contaminant des femmes. Les organismes internationaux (OMS, ONUSIDA, UNICEF […]), les pouvoirs publics, la société civile, parlent aujourd’hui de féminisation du VIH/Sida pour désigner « […] la contamination de plus en plus grande des personnes de sexe féminin (femmes et jeunes filles) par le VIH […] » (Elegbe cité par G. Ngabolo, 2005, 3). Pour mieux cerner la notion de féminisation, nous tenterons de la définir. En effet, du point de vue étiologique, la féminisation « est l’action de féminiser son résultat » et féminiser c’est entre autre, « faire accéder un plus grand nombre de femmes à […] » (Le petit Robert, 2013, 102).

Sur le plan historique, V. Azimi (2013, 11) rappelle que c’est l’historienne américaine S. Bachrach (1984) qui fait état de l’apparition du terme « féminisation » en 1892, avec l’embauche des premières femmes dans les bureaux de poste urbains. Ainsi, dans un premier temps, le terme de féminisation est employé pour désigner l’accessibilité massive des femmes à certains emplois qui étaient exclusivement réservés aux hommes à une certaine période.

Dans un second temps, pour le champ migratoire, « […] La plupart des chercheurs et des rapports sur les politiques de migration définissent la féminisation comme une augmentation de la part des femmes dans les courants migratoires et mesurent ainsi les évolutions de la répartition par sexe parmi les populations nées à l’étranger » (S. Vause, S. Toma, 2015, 43). Ces auteurs vont plus loin en mettant en exergue trois dimensions (le nombre absolu, le poids relatif et la migration autonome) pour mieux appréhender la notion de féminisation dans la migration.

L’utilisation de cette expression a largement évolué. D’un point de vue global, la féminisation touche plusieurs champs de la société. Ce concept est étudié et souvent associé à différents termes dans les sciences humaines. Parfois, la féminisation est comparable à une forme d’acquis pouvant faire partie du mouvement d’émancipation des femmes.

Toutefois, sur un plan purement structurel, la féminisation renvoie dans un premier temps à l’augmentation de la part des femmes dans une situation ou une action donnée. Ceci met également en évidence, dans certains cas, l’asymétrie pouvant exister entre homme et femme aujourd’hui (dans certains secteurs d’activités).

H. Piéron définit la féminisation comme les « caractéristiques différentielles admises de la femme, liées biologiquement au sexe pour une part, mais pour une grande part conditionnée par l’influence du milieu sociopolitique et religieux » (1979, 175). Le Dictionnaire de psychologie de R . Doron et F. Parot (2011, 299), parle de la féminité, qui évoque l’identité du genre. L’impact de pandémie du VIH/sida sur les femmes, amène le psychologue clinicien à regarder la réalité de la société gabonaise à travers les lunettes de cette notion.

En effet, la féminisation n’est pas que positive. Dans le cadre épidémiologique, lorsqu’il y a plus de femmes touchées par une infection comme le VIH, cela peut être considéré comme une situation alarmante. De manière générale, la féminisation est l’action de faire accéder le plus grand nombre de femmes à quelque chose, à une idée, à une idéologie, à une profession (G. Ngabolo Mapaga, 2011, 4 ). O. Rosenblum et al. (2012, 105-116) soulignent qu’on assiste à une féminisation de l’épidémie. Le mode de contamination le plus répandu s’effectue au cours des rapports hétérosexuels non protégés. Il y a également la victimisation car la contamination est de plus en plus importante chez les femmes et les conséquences psychologiques assez manifestes. Ce qui, à suffisance, justifie l’intérêt de ce travail, au regard de la souffrance éprouvée par celles-ci. Aussi, avons-nous élu d’aborder le problème de la souffrance des femmes infectées et affectées par le VIH pour rentre compte de l’impact psychologique de la réalité de la pandémie. La séropositivité au VIH potentialise le désarroi, une insécurité corporelle, provoquant fréquemment l’émergence de troubles psychologiques nécessitant une aide spécialisée ou associative (S. Hefez, 1996, 1). Les pratiques sociaux culturels dont les femmes sont victimes ne participent-elles pas à rendre compte de la souffrance des femmes au Gabon ?

1.1. De la pandémie à la victimisation : les pratiques socioculturelles comme vecteurs de contamination et de la souffrance psychique des femmes
Sur le plan culturel, G. Ngabolo (op. cit., p. 4), note que les pratiques socioculturelles sont des facteurs de propagation du VIH chez les femmes au Gabon. Certaines pratiques sexuelles (rapports sexuels avec une vierge, une albinos ou une pygmée ; lévirat ; sororat ; purification sexuelle des veuves etc.), sont véritablement à haut risque et participent à l’augmentation de la contamination par le VIH. Les violences sexuelles domestiques à l’exemple de l’inceste ( M. Mboussou et al., 2007-2009, 34 - 44), y concourent également.

Les études portant sur VIH/Sida chez les femmes sont pour l’essentiel des enquêtes nationales réalisées par le Ministère de la Santé et les organismes internationaux (ONUSIDA, UNICEF, UNFPA) [1], pour les besoins d’analyses de la situation et/ou d’études relatives à la prévalence. Il s’agit également de quelques travaux de recherche des étudiants en psychologie (M. Mussuku Bulungui, 2006 ; L. Nzoutsi 2006). D’après A. Le Palec (1999, 353), « […] les femmes mariées forment un vrai « groupe à risque », elles qui n’ont aucun contrôle sur la vie sexuelle de leurs maris, mais qui se doivent d’exiger les devoirs conjugaux ». La domination sexuelle ou le pouvoir sexuel de part l’homme constitue un moyen de propagation du VIH (G. Ngabolo, op. cit., p 4). D’après G. Ngabolo Mapaga (op. cit., p. 9), au niveau psychologique, il faut tout de même souligner chez les filles et les femmes, l’insécurité dans le mariage ; les représentations du préservatif comme un obstacle au plaisir ; les inégalités (dans les rapports et les rôles du fait des représentations socioculturelles du VIH/sida) ; la soumission ; la dépendance ; le manque d’autonomie personnelle et matérielle (directement liée à l’incapacité des femmes à se protéger contre le VIH dans les relations sexuelles, à l’indécision, surtout pour les femmes sans instruction et sans revenu) ; le mutisme et la victimisation des femmes, qui conditionnent et favorisent leur plus grande vulnérabilité au VIH. Les études de l’ONU/SIDA à ce sujet révèlent que parmi les dizaines de millions de personnes infectées par le VIH, nombreuses sont les femmes qui se sont vues transmettre le virus par leurs maris ou d’autres partenaires sexuels (H. Tack 2012, 4 ). Elles ne parviennent pas à obtenir de leurs partenaires que les rapports sexuels soient protégés.

Les données épidémiologiques rapportées par l’ Enquête Démographique et de Santé au Gabon, 2012 (EDS II, 2012) confirment la situation des femmes comme « groupe à risque ». L’étude sur l’« Index de stigmatisation et de discrimination des PVVIH » [2] réalisée au Gabon en 2013, par la Direction Générale de la Prévention du Sida, a permis de relever qu’environ 7 PVVIH sur 10 (68%) sont exclues des activités familiales à cause de leur statut sérologique. Ces résultats nous permettent de souligner le caractère stigmatisant, dramatique et traumatique de la contamination dont les femmes sont victimes. Selon D. Lamping et al. (1992, 74) les personnes ayant contractées le VIH doivent vivre avec une forme de stress et de multiples tensions psychosociales. Cette infection est source de stigmatisation sociale et par conséquent favorise un très fort sentiment d’isolement social. Ainsi, le VIH peut entraîner un véritable déséquilibre psychologique chez la personne atteinte.

Le sida serait donc selon les représentations sociales « une maladie des femmes ». Au Gabon, il y a deux décennies, ces représentations ont conduit à dénommer le sida « Sidonie » [3]. Comment la pandémie du VIH/sida génère t-elle de la souffrance chez la femme infectée et affectée ? Le sujet de la présente contribution est relatif aux conséquences psychiques de l’infection à VIH chez les femmes infectées et affectées vivant dans un couple sérodiscordant (ou sérodifferent). Ce problème qui a rendu nécessaire cette réflexion à partir de l’hypothèse suivante : les femmes infectées ou affectées vivant dans un couple sérodiscordant présentent des remaniements psychiques révélés par la blessure narcissique, la honte, la castration, l’angoisse d’abandon, l’angoisse de mort, conséquences psychiques d’une tension conjugale et familiale. La recherche des réponses à cette préoccupation a nécessité une étude de cas.

1.2. Démarche méthodologique
Pour la collecte de l’information nous avons choisi d’utiliser les entretiens dans la mesure où ils favorisent l’accès à la pensée et aux sentiments de l’individu. Ils ont été mieux appropriés pour cette étude car la parole en particulier et globalement le discours du sujet ont permis d’atteindre son éprouvé. L’entretien semi- directif à constitué l’outil principal qui a servi à la collecte.

L’enquête s’est déroulée à Libreville auprès des femmes rencontrées dans notre pratique professionnelle. L‘annonce de leur séropositivité ou celle du conjoint a été faite au moins 6 mois avant. Pour cette recherche nous avons retenu des femmes dont l’âge varie entre 18 et 45 ans, infectées ou affectées par le VIH, vivant dans un couple sérodifférent, mariées ou en concubinage et en âge de procréer. Elles sont chrétiennes et de profession diverses. La séropositivité de la femme au VIH n’est donc pas systématique.

Les premières données ont été recueillies à domicile. Les femmes nous ont sollicités pour un counseling post-test suite à la découverte du statut sérologique du conjoint. D’autres informations ont été récoltées en milieu hospitalier en counseling pré ou post- test auprès de femmes fréquentant un groupe de parole. Il nous importe ici de rapporter le vécu très parlant de deux d’entre elles. Par souci d’anonymat, les noms des sujets ont été échangés. Ils sont fictifs.


2. Clinique : de la victime à la blessure narcissique

2.1. Cas n°1
Mme Nyengui, est une femme âgée de 31 ans. Elle est la seule fille d’une fratrie de quatre enfants dont elle occupe le deuxième rang de naissance. Elle décide de s’installer au Gabon il y a quelques années en provenance d’un pays d’Afrique de l’Ouest où elle est née. Elle y a grandi avec ses parents et ses trois frères. Commerçante, Mme Nyengui vit à Libreville en concubinage avec son compagnon âgé de 40 ans et leur fils de 6 ans. Avec son compagnon, ils entreprennent de faire un test de dépistage du VIH une première fois, dans le cadre d’un bilan de santé. Celui-ci est négatif pour les deux. Des mois plus tard, elle décide de refaire le test sans informer son compagnon. Le résultat est positif. Elle révèle son statut sérologique uniquement à sa mère et se prend en charge avec l’aide de celle-ci. Le couple est donc sérodiscordant. À la découverte de sa séropositivité, Mme Nyengui a d’abord refusé d’accepter son statut. Elle abandonne l’idée de vivre et craint le regard des autres en se rendant à l’hôpital. Sa vie de couple est bouleversée et particulièrement sur le plan sexuel car elle éprouve des difficultés à passer à l’acte avec son compagnon. Comme elle l’affirme : « maintenant que je suis comme je suis, j’ai peur de sortir avec lui et de le contaminer, je suis fatiguée de devoir le repousser ». Elle vit toujours en couple.

De la stabilité à la déchirure : la castration sexuelle

Mme Nyengui fait un déni de la réalité (« J’ai pris les papiers et c’est même à l’hôpital là que j’ai déchiré ça ») en découvrant sa séropositivité. Elle craint d’être rejetée par sa famille. Elle ne supporte pas le regard des autres car elle pense que son entourage connait son statut. Cela provoque en elle une inquiétante étrangeté : « J’étais gênée, puisque tu ne peux pas supporter qu’on te regarde bizarrement. Ça fait honte que tout le monde te regarde à cause de ton état ». Ainsi, à l’annonce de sa séropositivité, elle est dévastée et l’angoisse de mort la gagne. Elle sombre dans la déprime. A cet effet, elle affirme : « […] on m’a montré que c’est bien positif. J’étais vraiment abattue […]. Rien ne m’intéressait plus. Juste que je voulais mourir une bonne fois que de vivre avec ça ».
De plus, le poids du secret constitue un fardeau difficilement supportable pour Mme Nyengui qui refuse de mettre son compagnon dans la confidence. : « Donc pour l’ instant qui, je ne me vois pas en train de lui dire. […]. Donc je préfère d’abord rester renfermée. » ; « Je ne sais pas comment il peut prendre les choses. Donc je préfère garder ça comme ça. » . La honte et la culpabilité sous-tendent ce secret. C’est une douleur indicible. A. Thomé (1990, 70), signalait déjà chez la personne infectée la difficulté à mettre en mots ses émotions. Ainsi, « […] le patient est silencieux, il a presque honte, il se tait, c’est une des caractéristiques de cette maladie » […] ». En effet, d’après A. Ciccone et A. Ferran (2009, 7), la honte « […] témoigne de l’échec du moi au regard de son projet narcissique ». Le sujet à peur d’être rejeté, rabaissé, voire disqualifié de la relation amoureuse avec son partenaire et par extension de la triangulation père-mère-fils. Il y a la crainte d’être exclu du couple du fait de la honte éprouvée (A. Ciccone, A. Ferran, op. cit., p. 7-34) liée à une défaillance de la relation à l’objet. Autrement dit, Mme Nyengui présente une blessure narcissique consécutive au risque de perdre son partenaire. La peur du rejet, de l’agressivité et l’angoisse d’abandon, sont manifestes à travers la crainte d’être délaissée par son compagnon s’il finit par découvrir sa séropositivité. Mme Nyengui souligne : « C’est dur ! Vous savez, c’est une personne que j’aime trop. Je l’estime beaucoup. Donc je me dis un peu qu’avec ça, il peut me rejeter, [...] ». Le secret consécutif à la honte éprouvée est une sorte de castration de la parole. Celle-ci cède la place au rituel pour survivre dans le secret : « Quelque minutes avant 21 heures de sa deuxième prise), je m’isole déjà, le comprimé à la main. Je vais à la douche et j’avale vite. Je tire la chasse et je retourne comme si de rien n’était. […] ce n’est pas facile hein !, faire ça chaque jour ». Il décline la première conséquence psychique de l’infection à VIH dans le couple sérodiscordant.

Le rejet du partenaire et de l’acte sexuel révèle un désinvestissement narcissique qui confirme le déséquilibre psychologique. En effet, pour O. Rosenblum « L’infection au VIH est une affaire de sang, de sexe et de mort et focalise des craintes réelles et imaginaires, constituant une surface de projection favorable à nos peurs » (2011, 116). Mme Nyengui est désormais dans une sorte de castration de son plaisir sexuel du fait de l’angoisse de contamination de son partenaire.

L’angoisse de transmission est la deuxième conséquence psychique de l’infection à VIH dans le couple sérodiscordant. En effet, Mme Nyengui est envahie par une grande peur et une angoisse de mort : « J’ai encore bien peur, surtout de la personne avec qui je suis » ; « j’imagine un peu comment peut être sa réaction » ; « […]. Il peut même me tuer comme je vous dis ». Par ailleurs, Mme Nyengui croit en la menace du virus dans le rapport et le plaisir sexuels (« j’ai peur de sortir avec lui et de le contaminer »). Elle est contrainte de se comporter comme si le préservatif n’existait : « l’impossible Mr. condom » (A. Ciavaldini, 1990, 250- 263), est pourtant un objet pratique de préservation de la sexualité au sein du couple. Mais la rupture avec l’objet est prédominante. Elle s’enfonce dans la conviction qu’elle va transmettre la mort et non la vie, car c’est toujours la femme qui est rendue responsable des déboires du couple : « quelqu’un qui t’a déjà promis que le jour où il a ça, il va seulement te tuer » a souligné Mme Nyengui pour renforcer l’idée de garder son secret.

2.2. Cas n°2
Mme NKala, gabonaise âgée de 40 ans, est mère de 3 enfants. Elle est assistante de Direction dans une société privée et elle vit en concubinage depuis 9 ans avec Mr Ngolo, âgé de 45 ans. Ils résident à Libreville. Elle est issue d’une fratrie de 9 enfants dont elle occupe le quatrième rang. Son compagnon est un cadre dans l’administration. Il a déjà 4 enfants de deux premières compagnes. Tous les deux ont un garçon âgé de 10 ans. Elle nous contacte dans le cadre d’un conselling post-test à l’issue du résultat positif au test de dépistage du VIH de son compagnon. Le couple est sérodiscordant. Mme NKala supporte mal le statut de Mr Ngolo : elle a des maux de tête à répétition ; les rapports sexuels du couple sont perturbés du fait de l’usage permanent du préservatif. Tous les deux n’acceptent pas de se rendre au centre hospitalier récupérer le traitement antirétroviral. Ils sont obligés d’avoir recours à un médiateur. Ils vivent ce statut dans le secret. Deux ans après l’annonce de la séropositivité du conjoint, Mme Nkala décide de le quitter car elle est en insécurité : « je ne me sens plus en sécurité avec lui et dans cette maison. J’ai peur d’être contaminée. Je n’ai plus de vie. De plus, sa grande sœur me fait le bruit, à cause de son argent » a-t-elle affirmé. Elle fréquente maintenant une église de réveil et se réfugie dans la prière. Un an après cette séparation, elle rencontre M. Xavier qui à 7 ans de moins qu’elle. Ils vivent désormais en couple.

Le VIH abîme la vie : une pluralité de « maux ».

Le cas de Mme Nkala nous a interpellés sur la séropositivité comme révélatrice de divers « maux » : La somatisation : « j’ai tout le temps mal à la tête, et à l’estomac à cause de sa maladie là ». Elle fait une somatisation car la séropositivité de son conjoint laisse des traces physiques sur elle. Le secret vécu dans la frustration : « vraiment, je suis obligée de me taire même quand il est malade je ne dis rien. Et puis je dois tout le temps appeler pour que quelqu’un parte lui prendre les médicaments. Il ne fait rien » ; « Il m’a trompé, voilà les conséquences et moi je dois souffrir encore ».

La désexualisation et le déplaisir de la femme : « à cause du virus, on ne fait plus rien. On le fait de temps en temps avec le préservatif. Je ne sens plus rien. Je ne me considère plus comme une femme car je dois uniquement m’occuper de lui ». La représentation du virus et les infections opportunistes du conjoint provoquent chez Nkala des effets psychosomatiques. C’est la troisième conséquence. Le sujet est confronté à la dure réalité : la déchirure du couple, les perturbations de la relation à l’objet sexuel, le secret familial ; la peur du regard de l’autre, l’angoisse de la contamination et l’angoisse de mort. « Vraiment c’est compliqué de vivre ainsi, moi je dois toujours m’occuper de son traitement, tout surveillé. On n’a plus de vie de couple car le préservatif peut aussi s’éclater et j ai peur. […]. Les enfants ne sont pas informé, on préfère ne rien dire et gérer tout ça comme ça. De plus ses parents font du bruit quand il tombe malade. On pense que je lui ai fait quelque chose. Moi, je suis épuisée. Je tombe aussi malade ». Tout ceci montre chez Nkala un psychisme défaillant (F. Maffre, 1990, 167) avec des conséquences sur l’organisme. Elle se retrouve dans un état d’affaiblissement du tonus vital laissant transparaître des indices d’une dépression existentielle. Tout ce vécu expose une situation familiale insécurisante, révélant une blessure narcissique (S. Freud, 1914, 81-105 ; F. Dolto, 1984, 199-208). Mme Nkala doit faire plusieurs deuils (S. Freud, 1915, 145-171) : celui de sa santé physique, celui de sa relation de couple, et enfin le deuil de sa sexualité.

Mme Nkala vit dans le désinvestissement de l’objet et s’exclut du couple : « Je n’en peux plus. J’ai même peur d’être infectée. Je ne veux même plus qu’il me touche ». Pour gérer cette situation elle a recours à l’évitement. Nous parvenons ici à la quatrième conséquence psychique. Mme NKala cherche à retrouver son érogénéité corporelle. Elle se détache d’un objet qu’elle avait déjà investi dans une relation duelle : « je préfère partir et quitter tout le bruit qu’on me fait alors que c’est lui qui m’a trompé » (S. Freud, 1925, 128). Ne pouvant supporter d’intégrer le dispositif de prise en charge de son partenaire, elle se réinvestit dans une relation à un autre bon objet de plaisir (le nouveau compagnon moins jeune) et un autre objet de toute puissance et de sécurité (le bon Dieu). A travers un travail de deuil, engagé avec un processus spirituel, Mme Nkala se réinvesti dans une nouvelle relation.

2.3. Discussion
Le VIH reste une infection avec un impact considérable sur la vie d’une personne. L’ensemble du milieu familial de la personne infectée s’en trouve complètement troublé. Pour une femme infectée ou affectée vivre cette situation n’est pas sans conséquence sur son équilibre psychologique.

En effet, dans le contexte culturel gabonais, le rôle de la femme demeure encore étroitement lié à la continuité de la famille. Infectée par le VIH, elle est facilement accusée d’infidélité, et est dévalorisée dans sa belle-famille. Dans l’angoisse de castration, S. Freud, écrit « […] qu’en fin de compte, c’est presque toujours la mère qui est rendue responsable du manque de pénis […] » (1925, 129). Dans le couple sérodiscordant, l’angoisse de la contamination et l’angoisse de mort s’originent chez la femme infectée. Pour certains cas extrêmes, elle est désignée, parfois à tort, comme sorcière puisqu’elle est responsable du malheur qui touche son couple, c’est le cas de Nkala. Son conjoint est infecté. Toutefois, elle subi la pression de la belle-famille qui, selon elle, la considère comme responsable de l’état de ce dernier.

Lorsque la séropositivité au sein du couple est découverte, le poids du secret se fait vraiment sentir. Le nouveau statut entraîne un bouleversement total dans la vie du couple. C’est le cas de Mme Nyengui. La femme est ici vecteur potentiel de la propagation du Virus dans le couple.

L’expérience de ces deux sujets nous montre clairement l’ensemble des perturbations psychiques pouvant survenir dès la découverte de la séropositivité dans un couple sérodiscordant. Ces femmes sont marquées par la somatisation, la peur de la contamination, la peur de la stigmatisation, du rejet, la violence masquée, l’insécurité, le désinvestissement sexuel, le sentiment d’abandon. Le rapport à la sexualité et toutes les attentes qui gravitent autour sont complètement bouleversés. Comme le soulignent S. Bourdet-Loubère et A.N. Mazoyer (2012, 165), au sein de couples vivant avec le VIH, « donner la vie », « se reproduire » pourrait signifier chez ces couples une manière de transcender la mort qui les habite. Pour notre part, c’est aussi transmettre le gène de la mort car, bien que le sida soit devenu une pathologie chronique, l’infection à VIH demeure liée à la mort, du fait de son incurabilité. La peur d’être contaminée et de contaminer le partenaire met en avant une forme d’angoisse de transmission et de mort, associées à la honte et à la crainte d’être jugée ou rejetée.

La souffrance de la femme infectée ou affectée pose-t-elle un problème au « psy » ? Si dans les années 1981, A Ruffiot a constaté « l’étrange silence des psy » (1990, 13- 15), les chercheurs et professionnels de la psychologie, notamment au Gabon sont interpellés par cette problématique qui se dessine chez les personnes vivant avec le VIH. Les enquêtes nationales sur les femmes, les quelques mémoires des étudiants de niveau Master, de même que les publications (G. Ngabolo, 2004, 6-27 ; M. Mboussou et al., 2007-2009, 34-44 ; G. Ngabolo, 2017, 51-59 ), témoignent des besoins impérieux d’aide psychologique aux PVVIH/SIDA. La honte, l’angoisse de mort, l’évitement, la peur du rejet animent clairement l’état psychologique des sujets rencontrés. L’esprit du « corps familial » ne joue pas son rôle (A. Ruffiot, 1990, 11-54). L’évolution de la prise en charge psychologique spécifique, en marge des programmes de transmission Mère-enfant (PTME) est plus que nécessaire en vue d’aider de manière structurée les femmes infectées ou affectées par le VIH. Si nous avons entendu au cours des entretiens leur souffrance, Mme Nyengui rejoint le cercle des patientes dites « perdues de vu ».


Conclusion

Dans ce qui précède, nous avons fait part des résultats issus d’une analyse du discours de deux femmes rencontrées dans le cadre du counseling post-test. Lorsque nous avons réalisé cette étude de cas, il était question de prendre comme objet d’étude un éprouvé de femmes infectées et affectées par le VIH vivant dans un couple sérodiscordant (sérodifferent) du fait que leur discours est révélateur de tensions familiales. Le secret, la castration sexuelle, le désinvestissement libidinal, les effets psychosomatiques, l’évitement nous semblent être des conséquences psychiques relatives à l’infection à VIH au sein du couple, rapportées par les sujets de cette étude. Ces résultats sont de ce fait une contribution à la connaissance de l’éprouvé de ces femmes. Ils montent inéluctablement l’importance d’un véritable soutien psychologique approprié. Les femmes rencontrées peuvent facilement se retrouver en situation d’isolement par honte et peur du regard d’autrui. Cela participe à l’aggravation de leur détresse psychologique.

Ce travail a permis, dans une moindre mesure, de mettre en exergue la problématique des enjeux psychiques de la sérodiscordance dans certains couples au Gabon. Une étude de l’éprouvé des femmes vivant en zone rurale et victime du Lévirat pourrait montrer l’impact psychologique des pratiques socioculturelles. Autour de celles-ci il y a une circulation insidieuse de l’infection. L’angoisse de contamination et l’angoisse de mort seraient des indices de la souffrance psychique de ces femmes.


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3. Les mémoires
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Pour citer cet article :
Georgette Ngabolo, Jahiel-Duffy Indenguela, « VIH/SIDA et vie psychique. Conséquences psychiques de la sérodiscordance au VIH chez les femmes gabonaises infectées et affectées », Revue Oudjat en Ligne, numéro 2, volume 2, janvier 2019.

ISBN : 978-2-912603-95-1.


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Notes :

[1Direction Générale de la Santé, Programme National de lutte contre le Sida et les MST, Analyse de la situation de la réponse en matière de VIH/Sida au Gabon. Rapport de synthèse. Ministère de la Santé publique et de la Population, novembre 2000. Ministère de la Santé, des Affaires Sociales, de la Solidarité et de la Famille, Rapport national de suivi de la déclaration d’engagement sur le VIH/SIDA (UNGASS 2010), Période 2008–2009, mars 2010. Ministère de la Santé, Direction Générale de la prévention du Sida, Rapport national sur la réponse au VIH/ SIDA 2012, période 2010-2011, mars 2012. Ministère de la Santé, Direction Générale de la Prévention du Sida, Rapport final de l’étude sur l’index de la stigmatisation/discrimination des Personnes Vivant avec le VIH au Gabon, Libreville –Gabon, juin 2013.

[2Personnes Vivant avec le VIH.

[3De 1998- 2001, une des femmes séropositives que nous avons accompagnée dans le processus de prise en charge psychologique au sein du groupe de parole de l’Association Gabonaise, d’Aide et d’Assistance aux Séropositifs et aux Sidéens (AGAASS), se prénommait Sidonie. Elle fait partie des trois premières gabonaises à avoir témoigné à visage découvert. Son engagement dans la lutte contre le VIH/sida a été reconnu par les plus hautes autorités de l’Etat, par les organismes internationaux et la société civile. Elle témoigne toujours à visage découvert. C’est pour cette raison que le sida a parfois été nommé par les populations « Sidonie ».

 

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